FAT WHITE FAMILY + Fews (02/03/16) – La Maroquinerie

FAT WHITE FAMILY + Fews (02/03/16) – La Maroquinerie

Mercredi dernier, notre salle préférée de la rue Boyer accueillait une nouvelle édition des [PIAS] Nites aux allures cataclysmiques.
D’une part, on a vu de quoi la formation anglaise était capable à plusieurs reprises par le passé, à crapahuter entre Rock en Seine, Manchester, et par exemple la Cigale un certain 13 novembre… Ce concert reste d’ailleurs carrément confus dans nos esprits, une sorte de souvenir embrumé de centaines d’yeux rivés sur des smartphones au mépris de la scène, le staff qui d’un signe de main sous la gorge, coupe le groupe en pleine prestation sous stupéfiants, l’évacuation de la salle avec une crainte immense pour les copains dans le 11ème. Beaucoup d’émotions à mettre les pieds dans ce concert ce soir, de tendres pensées pour Thomas.
Et d’autre part, on a triché : on s’est glissé à la Maison de la Radio la veille pour l’enregistrement d’un Coming Up! Session monstrueuse, plus « loud » tu meurs, Lias Saoudi finissant par escalader les gradins à la sauvage et laissant certainement une belle note de réparations derrière lui. Jauge de patience au maximum.

Alors nous entrons en premier dans la salle. En poste privilégié pour recevoir toute la splendeur de l’énergie dégagée par FEWS, groupe suédo-américano-anglais en parfaite introduction de la tête d’affiche, nous prenons une belle claque ! Pour leur premier show à Paris, ça tabasse sec, ça saute dans tous les sens sur scène, il se passe un truc indéfinissable qui fonctionne. Ou alors si, c’est définissable et ça s’appelle le rock’n’roll. De quoi nous évoquer cette soirée mémorable avec CROWS et METZ fin octobre ; de quoi nous scotcher à leur actu et attendre une date en headliner. Trente minutes chrono c’est bien trop peu !

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Le frontman de FAT WHITE FAMILY débarque sur scène sourire en coin, la bouteille de piquette à une main, sortant un litre de vodka de sa poche de l’autre. Le ton est donné, et si son costard maronnasse est tout usé et dégueulasse, c’est peut-être qu’il ne compte pas faire dans la finesse. Pourtant on se retrouve enveloppé, magnétisé, dans un pur état de grâce tout au long du concert. Crachats piétinés, sarcasmes et câlins, miasmes, rock’n’roll. La setlist est un poil courte pour une formation à deux albums bien fournis. En une bonne heure de concert sans rappel, s’enchaînent notamment l’empathie déguisée envers une triste figure du IIIème Reich (« Goodbye Goebbels »), puis l’apologie des prodiges de la fellation (« Is It Raining In Your Mouth? »), le sordide pédophile (« Cream of the Young »)… Et la suprématie White Power scandée par des algériens : peu crédible… Tellement beau ! Fascinant ! Rien à foutre ! Le petit Lias s’adonne évidemment à quelques pratiques masturbatoires, sans pour autant tomber le slibard comme ce fut le cas lors de leurs tournées UK, on le remercie, c’est sympa. Et malgré la furie un brin exacerbée de l’audience par moments, impossible de décoller du premier rang : les coups reçus et la frayeur de perdre une rotule ne rivalisent guère avec l’effervescence des sens, hypnotisés par ce piège délicieusement cradingue. L’enchaînement triomphal constitue un équilibre parfait entre montées douces, headbangs irrépressibles, déglingue absolue dans l’esprit punk, et mélodies poisseuses.

Guest récurrent sur la tournée depuis un concert furieux à Derby le 2 décembre dernier, Dale Barclay (THE AMAZING SNAKEHEADS) n’est cette fois pas de la partie. Alors oui on le regrette, et non cela n’amoindrit pas notre plaisir. On comprend ce soir encore combien leur association est cohérente, évidente. Ces claques dans la tronche qui vous marquent à blanc ! On sort de la salle en sueur, gorgés de drogue type dopamine et dégoulinant d’effluves d’alcool expirés par le groupe ou balancés par le public. On partage une clope avec les membres ultra ravis de FEWS posés en terrasse, on aperçoit un Nathan Saoudi (claviers) mutique dans son coin… Des soirées pleines d’émotions comme celle-ci, on n’ose même pas les rêver. Quand on répète que les Fat White ont tout compris…

Texte et photos © erisxnyx pour STBC
Remerciements à [PIAS]

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